
Comment utiliser ton carnet : un guide pour débutants pour dessiner sans pression
Comment utiliser ton carnet (sans te mettre la pression)
La plupart des artistes possèdent un carnet de croquis. Mais beaucoup moins l'utilisent vraiment. Il y a quelque chose avec la page blanche qui bloque les gens, même s'ils dessinent avec assurance sur tablette, sur toile ou sur n'importe quoi d'autre. Le carnet devient sacré, et ce qui est sacré, on n'ose pas y toucher.
Si tu as déjà acheté un magnifique carnet (ou plusieurs... ou des dizaines) et que tu as ensuite refusé de dessiner dedans pour ne pas le gâcher, tu sais déjà de quoi parle cet article. Dessiner est une compétence, mais c'est surtout un état d'esprit. Et c'est là que la plupart des gens se trompent.
Voici comment utiliser concrètement ton carnet.
Le bon état d'esprit avant tout
Avant même de toucher un crayon, le plus important est la façon dont tu perçois ta page. Un carnet n'est pas un portfolio. Ce n'est pas une œuvre finie. C'est un espace de réflexion : un endroit pour faire des erreurs, tester des choses et suivre des idées bizarres pour voir où elles mènent.
Si tu t'assieds en espérant faire quelque chose de beau, tu as déjà perdu. Soit tu passeras quarante minutes sur un seul dessin pour essayer de le rendre parfait, soit tu refermeras le livre après dix secondes parce que le premier trait n'était pas bon. Dans les deux cas, tu n'as pas fait de croquis.
Le bon état d'esprit ressemble plus à un journal intime qu'à un cours de dessin. Tu n'essaies pas de produire un résultat. Tu essaies d'explorer. Certaines pages seront moches. Certaines seront géniales. La plupart ne seront ni l'un ni l'autre. C'est tout l'intérêt.
Si tu veux un endroit organisé pour prendre cette habitude, la section pratique de Artwod propose des exercices créés exactement pour ça : des entraînements concrets pour progresser et aussi de l'espace pour dessiner librement !

Page de carnet remplie de dragons, têtes de dragons au stylo noir, art traditionnel par Antonio Stappaerts
Oublie tes attentes
Le moyen le plus rapide de gâcher ton carnet est d'attendre que chaque page soit réussie. Les carnets des artistes pros sont remplis de mauvais dessins. Des petits croquis à moitié finis, des études bizarres qui ne mènent nulle part, des mains posées au hasard dans un coin. Personne ne poste ces pages-là. Tu ne vois que les pages parfaites que les autres artistes choisissent de montrer, et tu finis par croire que ton carnet désordonné est un problème.
Ce n'est pas le cas. Le désordre, c'est le travail. Un carnet trop propre signifie que tu es trop prudent, et donc que tu ne réfléchis pas vraiment sur le papier. Les erreurs, les impasses, les expériences bizarres : c'est comme ça qu'on apprend ce qui marche ou pas. Sans elles, tu fais juste une démonstration, tu n'explores rien.
Alors, laisse les pages être moches. Laisse les dessins ne mener à rien. Ne les déchire pas. Ne les cache pas. Laisse ce bazar comme preuve que tu as vraiment utilisé ton carnet.

Page de carnet remplie de mains tenant des pistolets, art traditionnel au stylo noir, par Antonio Stappaerts
Dessiner n'est pas un spectacle
C'est le point le plus important. Faire des croquis est pour toi. Ce n'est pas du « contenu ». Ce n'est pas pour frimer. Ce n'est pas quelque chose à montrer sur Instagram. Dès que tu commences à dessiner en pensant à un public, tu arrêtes de croquer et tu commences à faire un spectacle (et cela tue l'expérimentation à chaque fois).
Quand tu es en spectacle, tu restes sur ce que tu sais déjà faire. Tu dessines les choses que tu maîtrises déjà bien. Tu évites les sujets difficiles et les techniques inconnues parce que tu risques de faire un dessin moche. Mais ce sont exactement ces choses-là qui te feraient progresser. Ton carnet doit être l'endroit le plus sûr de ton entraînement : le lieu où tu prends les risques que tu ne peux pas te permettre dans un travail fini.

Page de carnet remplie de portraits et de masques, faite au stylo noir, art traditionnel par Antonio Stappaerts
Si tu as du mal avec ça parce que tu as l'habitude de dessiner pour les autres, cela peut t'aider d'avoir un carnet privé. Un carnet que personne ne voit. Ni tes abonnés, ni tes amis, ni personne. Juste toi et la page. La liberté revient vite quand il n'y a plus de public à impressionner.
Quand tu veux vraiment un avis sur un croquis (par exemple si tu travailles sur une idée de personnage et que tu veux des conseils avant de continuer), l'outil de retour de Artwod est un super endroit pour obtenir une vraie critique sans la pression sociale des réseaux publics. C'est utile quand tu cherches des conseils, pas seulement de la visibilité.
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